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 Extension géographique


La Renaissance s’intensifie en Grèce, elle s’étend aux Flandres, à l’Angleterre, à la Bourgogne, à l’Alsace, à certaines régions d’Allemagne, à la Baltique (Hanse).


En France, le Royaume est encore empêtré dans la guerre de Cent Ans, qui se termine en 1453-1477. La région de Bourges est restée un foyer culturel (Jean de Berry au siècle précédent et Jacques Coeur durant ce siècle, grâce notamment à son palais déja de style Renaissance). Il faudra les efforts de Charles VII, et surtout de Louis XI pour remettre de l’ordre dans le Royaume.


Louis XII, commence à importer la Renaissance italienne en France : le château de Meillant dans le Berry (actuel département du Cher) est déjà construit dans le style Renaissance.

  

          Rappel à propos des périodes historiques :


En Italie, il est d’usage d’appeler les siècles de la Renaissance par le vocable "n"-cento, où "n" désigne le chiffre du siècle : Ainsi, les années de 1400 à 1499, c’est le " Quatrocento " en Italie, alors qu’en France on désigne cette période par " XVe siècle ", quinzième siècle.

A Milan


En 1450 à Milan, par l’intermédiaire des victoires de Francesco Sforza, le pouvoir passe des Visconti aux Sforza. Ludovico Sforza fera appel à Léonard de Vinci pour lui commander une statue équestre magnifiée de grandeur et de prestige, afin de gommer le souvenir de la dynastie qu’il a remplacée. La statue restera à l’état de plans du maître.

Venise


Venise étend son contrôle au delà de la mer Adriatique, au travers de la Crète puis de Chypre en 1489, puis fonde la Ligue de Venise.

Florence


Sous l’influence des Médicis à Florence, les arts connaissent une évolution. Cosme de Médicis participe au mécénat d’artistes majeurs tel Paolo Uccello ou Fra Angelico.


Les florentins poursuivent leur domination sur la Toscane en l’emportant sur Pise en 1406. Cependant, en 1494, Pierre II de Médicis perd la souveraineté de Florence à l’occasion des évènements de l’arrivée de l’armée de Charles VIII, en route pour Naples depuis la Lombardie ; chassée par les florentins, sa famille part en exil. Savonarole en tire profit, et établit une théocratie dans la ville.

États pontificaux


Cette fin du Quattrocento illustre les troubles symptomatiques de cette époque liés à cette zone géographique : un intrigant prince d’origine valencienne, César Borgia, tente en 1501 d’usurper le pouvoir en Romagne avec l’appui de son père, qui se trouve être le Pape. Cette collusion d’intérêts, outre attirer les foudres de Savonarole, figurera parmi les inspirations du Prince, traité qu’écrira le siècle suivant Machiavel à Florence.

Des origines florentines


La dynastie de mécènes et de collectionneurs que constitue la famille des Médicis à Florence impulse dans le monde des arts et des sciences de fortes sommes d’agent.


Après la chute de Constantinople (1453), les savants et artistes de la civilisation byzantine fuient les Ottomans et se réfugient en Italie, où les accueillent les Florentins de la riche cité-État, rivale de la République de Venise et des États pontificaux. Chaque puissance finance des oeuvres d’embellissement, initialement religieuses.


Ce foisonnement va engendrer un climat d’émulation sur toute la botte italienne ; les Papes financent également l’embellissement de la cité du Vatican, par dessus la Rome antique des Empereurs : voûte de la Chapelle Sixtine.

Evolutions techniques et philosophiques


Vont éclore de nouvelles techniques dans la peinture (sfumato) et les fresques, mais aussi une nouvelle représentation du monde, plus proche de l’homme et s’éloignant de la Sainte Trinité, la religion et la gloire de Dieu étant restés précédemment les seuls thèmes artistiques. C’est la naissance de l’humanisme : pensée de la dimension de l’homme dans l’univers, en temps que figure centrale, en lieu et place de la Divinité.


Dans les Flandres, la peinture à l’huile apparaît, on invente la toile, primitifs flamands : Jan van Eyck, Rogier van der Weyden, Jérôme Bosch...


A Florence, les peintures de Botticelli sont connues pour leur mélange subtil de profane et de sacré, dont les figures allégoriques sont adressées à son public, aristocrate et lettré :


l’identification des figures allégoriques de la Calomnie d’Apelle n’est pas immédiate pour le non-initié ; la figure centrale de sa fresque le Printemps, représente-t-elle la Vierge Marie avec une auréole végétale, où serait-ce la Vénus allégorique, autre sujet de prédilection du peintre ?


Dans le même temps, Brunelleschi construit le Dôme de la cathédrale, prouesse architecturale illustrant les progrès des travaux de construction de l’époque. À partir de ces travaux d’architectes, les peintres conceptualisent et appliquent la perspective dans leurs oeuvres. Masaccio l’applique le premier, dépassant son maître Masolino da Panicale dont l’oeuvre restera aux yeux du monde élégante, mais figée. Ensuite, le sujet épuisé, ils passeront au baroque pendant la Haute Renaissance.

Redécouverte de l’héritage gréco-romain par les textes anciens


Cette vision découle des perspectives philosophiques de l’école néoplatonicienne, fondée par Marsile Ficin et à laquelle Pic de la Mirandole contribue ; elle s’affranchit de la vision médiévale qui jusqu’alors prévalait, pour se replonger dans la lecture des textes gréco-romains ; nombreux parmi ces derniers furent transmis à l’Occident par l’intermédiaire des bibliothèques du monde arabo-musulman telle que la Grande Bibliothèque d’Alexandrie, et les travaux sur la philosophie aristotélicienne à Tolède et Cordoue dans l’Espagne arabo-musulmane, effectués par des personnages tels que Averroes et Maïmonide.


Le sculpteur Michel-Ange, de voyage à Rome durant quatre ans, assiste à l’excavation des statues antiques de la Rome des Empereurs. De retour à Florence, cette vision l’inspirera pour sa sculpture du David, dont une copie se trouve aujourd’hui sur la place qui fait face au Palazzo Vecchio.

De nouvelles déités pour Florence


La fière cité au lys rouge n’est pas bâtie sur un promontoire, mais entre des collines : prospère, cette cité attire les convoitises.


Il s’agit d’inspirer, par des mythes provenant de l’Antiquité, le courage et la ferveur à la population de cette cité encore fragile, qui doit se défendre face à ses voisines, voire face à des nations étrangères à l’Italie : la fonction allégorique est ici directe.


Ainsi, à côté du David sur la Piazza della Signoria, tirant profit des carrières de marbre de Carrare de la région, la cité de Florence ajoute d’autres sculptures allégoriques antiques, qui viennent illustrer son avènement sur la scène du monde : la fontaine de Neptune, Hercule.


Comme si cette place n’était pas assez sublime, vient s’y adjoindre sur le côté la Loggia dei Lanzi : l’enlèvement des Sabines ; également, la figure de Judith, tranchant la tête du conquérant Holopherne pour éviter le sac de sa ville, fait l’objet de nombreuses peintures, telle que celle du palais Pitti. Le message livré à Florence, au regard de l’histoire de Judith, est qu’il faut savoir être cruelle pour préserver ses intérêts.

Une liberté de ton nouvelle pour l’artiste

Carte politique de la péninsule italienne autour de 1494.

  

Madonna del Magnificat, Botticelli, 1481

Causes de cet affranchissement


C’en est fini des visions obscures et pessimistes de perdition du moyen-âge, liées à la crainte de l’an mil ; depuis l’Italie, la lumière contenue dans la couleur des peintures, la finesse des formes vont instaurer de nouveaux canons, bravant ainsi les dogmes religieux qui maintenaient la peinture enluminée dans un carcan.


Las d’être soumis à des donneurs d’ordre religieux leur commandant de sempiternelles représentations des grands thèmes de la peinture religieuse, les artistes exécutent désormais des portraits de grands nobles, qui veulent montrer le prestige de leur rang en mandant des peintres talentueux. Se développe ainsi l’art du portrait (ritrato), qui montre le gentilhomme au bas des figures divines, autrefois représentées seules dans la peinture du Trecento.


Les techniques de peinture se diversifient ; on peint en cercles (les tondos), sur les plafonds, sur des fresques murales ; la taille des peintures décroît par rapport aux triptyques monumentaux de l’époque précédente, ce que permet le raffinement des techniques.

Nu en représentation artistique : transgression d’un interdit


Les interdits professés sur l’image du corps humain ne sont plus suivis ; auparavant, le nu en représentation artistique n’était toléré, dans le contexte d’un thème religieux, que parce qu’associé à l’état de nature de la Genèse :


1485, La Naissance de Vénus, par Botticelli, constitue la première représentation artistique d’un nu féminin dans le monde occidental de confession catholique.


Il faut toutefois attendre 1500, la statue de David, par Michel-Ange, pour voir transgressé le tabou de la représentation du nu masculin.

Un jeu aristocratique particulier à Florence


  

Benozzo Gozzoli, 1459

Les anachronismes sont fréquents, tel Benozzo Gozzoli qui en 1459 effectue une fresque en honneur des Médicis sur le thème du voyage des Rois mages, figurant cette famille en parade dans la campagne de Toscane.

Cette liberté de ton nouvelle reste cependant soumise aux autorités de bonne morale, l’artiste pour l’exercer sans tomber dans l’interdit va donc utiliser des symboles équivoques dans ses représentations, et des expressions de visage allant jusqu’à une érotisation graphique du sujet représenté ; sans jamais livrer ces clés d’analyse graphique à son donneur d’ordre, qui soit est un hiérarque religieux, soit un courtisan enrichi. La peinture devient donc objet d’un jeu d’intelligence entre le peintre et son mandataire, au travers des messages codés qu’il cache dans les détails, ou expose de manière indirecte.


Encouragés par leurs mécènes, les Botticelli, Michel-Ange, et autres artistes florentins se lancent dans l’aventure ; leur art à Florence sera reconnu sous le nom de Néoplatonisme médicéen, puisque hérité de l’École Néoplatoniciennne soutenue par Laurent le Magnifique et supporté tout du long par les fameux Médicis.

Une période de changement et d’influences


En 1497, la famille Médicis est chassée de Florence, et sa population tombe subjuguée des visions d’apocalypse professées par le Moine dominicain Savonarole dans ses offices.


Ce dernier aura une influence sur le style artistique de Botticelli, qui est notable en comparant les deux représentations de la même figure allégorique qu’il interprète à quelques années d’intervalle, celle de Vénus : la première dans la naissance de Vénus, toute en majesté et d’une beauté de divinité allégorique, la seconde dans la Calomnie d’Apelles, cette fois beaucoup plus marquée par l’austérité.

Musique


Polyphonie :

La polyphonie est une musique écrite pour des choeurs à plusieurs voix en musique sacrée ou profane. Elle nécessite des règles d’harmonie, afin de bien entendre les voix simultanément.


Les polyphonies se développèrent à l’origine dans le nord de la France, dans les Flandres, en Angleterre, et en Bourgogne.


Source : Wikipedia, Quattrocento

  

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