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Et je te fais des mines devant ces messieurs, et je balance mon cou à droite, à gauche, et je fais la belle, on la soupçonne même de rêver à un rôle dans le spectacle !


En fait, elle a autant de charme qu’un bernard l’ermite ... c’est dire !


Certes, Madame Leonardo la flatte car elle a besoin d’elle. Mais ce n’est ni pour son intelligence, ni pour sa beauté ! Elle fait la fière, se prenant pour une star, alors qu’elle est continuellement manipulée, sollicitée, ridiculement chargée de parpaings ou de planches. Elle grince de tous ses boulons telle une vieille gazelle métallique, percluse de maux en tout genre : sciatique ferreuse, épanchement de ses vis, coliques frénétiques…


Parce que le soir, quand tout le monde est parti et qu’elle n’a plus besoin de faire la belle, elle n’arrête pas de gémir de tous ses boulons : « Alain me torture, il m’en demande toujours plus », « Bertrand me traumatise, agitant mes manettes comme un danseur espagnol manipule ses castagnettes », « Régis me brutalise » …

  

  

Association Autour de Leonardo - 75, rue de la Barre - 95170 DEUIL LA BARRE - 0 953 835 008

Cet hiver, on a dû la transporter à l’hôpital Bezons, afin qu’elle subisse une « cure de jouvence ». En effet Alain en ayant besoin au printemps, il lui a fait croire qu’elle était tout pour lui, que peut être un jour, ils pourraient vivre ensemble, et en pleurant – c’est comme j’vous l’dis – il a ajouté, « je ne vois qu’une faute chez vous, c’est que vous n’aimez pas ceux que j’aime !* en fait, il parlait de nous les maisons ! Car ses vraies chouchoutes à Alain, ce sont les maisons ! et oui, car il nous a fabriquées ! Voyez un peu la beauté de nos encorbellements, nos délicates fenêtres à meneaux, nos si jolies échoppes, et nous sommes si hautes qu’au grand dam du château, nous dominons toute la plaine de France ! Sans compter les somptueuses couleurs dont nous ont paré les décoratrices de Madame Leonardo !


Bref, ce grand coucou d’acier nous embête, nous les demoiselles d’Ecouen : la maison jaune n’arrête pas de grogner, car la Grande Duduche dort devant sa porte, et non contente de ronfler, elle grince de tous ses essieux. La maison blanche, majestueuse et fière, a de la pitié pour elle mais ne pense qu’à une chose, se battre comme un chiffonnier,* un coup contr’Alain et son grand nez, un coup contr’ les Playmobils, afin qu’elle débarrasse le plancher ! La maison orange qui a bon caractère ma foi et fait mine de compatir mais n’en pense pas moins, imagine volontiers le mammouth à deux dents qui, effaré par la laideur de la bruyante machine, la balancerait dans les douves.


Quant à moi la maison marron, j’ai bien rigolé lorsque l’autre dimanche, la Grande Duduche s’est vue contrainte de soulever deux décoratrices qui devaient me refaire une beauté. Mais cette fois-ci, ni grincement, ni grognement, les Playmobils étaient là … elle a donc fait contre mauvaise fortune bon cœur, mais à la nuit tombée, ses rouages hurlaient à la mort, la rage lui rongeait les entrailles et sa vieille tête de diplodocus attardé était déformée par la haine … une nuit d’enfer ! d’ailleurs, nous avons des réclamations de Monsieur le Château qui en a assez, il est déjà suffisamment de mauvaise humeur par le lifting qu’il est obligé de subir, si en plus il doit supporter les crises de nerfs d’une vieille folle psychopathe !


La taverne et le lavoir n’en veulent pas non plus ! La Grande Duduche effraie les buveurs et harcèle les lavandières (acteurs et figurants). Bref tout le monde est sous pression ! et à la fin de la journée, c’est la bagarre générale à grands coups de battoirs et de chopines … la taverne en est rouge d’indignation et le lavoir en blêmit de rage !


A l’heure où je parle, un préavis de grève vient d’être déposé dans le bureau de Madame Leonardo : la grande façade, la taverne, le lavoir et la petite dernière, la prison (la chapelle étant encore en gestation) ont décidé, pour faire la nique au roi, de se placer dos à Paris* pendant tout la durée du spectacle !! il faut agir et faire passer les encombrants …


* En Monique dans le texte : extraits de ses scènes de campagne


MARIE-DOMINIQUE, décoratrice et actrice à Leonardo (le 18 mai 2011)


  

SOUS-RUBRIQUES

lle n’en finit plus de se faire bichonner par les décorateurs et ccessoiristes. Mais pour qui se prend-t-elle ?


Nous, les sublissimes maisons de la grande façade, on ne la supporte plus ! elle nous gâche le paysage. Pendant un mois, on nous la colle sous le nez.