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Avertissement


Cet article et ses illustrations sont une copie d’un document dont Monsieur Jérôme LEJEUNE est le rédacteur. Merci de le citer à ce titre dans toute information puisée dans cette page et les pages relatives aux instruments de musique.


De Jérôme LEJEUNE tiré du guide des instruments de la Renaissance


 La Viola Bastarda

Association Autour de Leonardo - 75, rue de la Barre - 95170 DEUIL LA BARRE - 0 953 835 008

La Vihuela


Voici un instrument dont l’emploi est strictement lié à un pays : l’ Espagne.


A l’ origine on peut constater une racine étymologique commune avec la viole : en effet de nombreuses sources espagnoles mentionnent deux instruments très proches : "vihuela da mano", et "vihuela da arco". Si l’origine commune est plausible, il est certain qu’au XVIe siècle, les deux instruments ont acquit leurs caractéristiques ; la construction d’un instrument à cordes pincées et d’un instrument à cordes frottées, passant sur un chevalet est bien différente. A vrai dire la vihuela a bien des traits de ressemblance avec la guitare. La forme de sa caisse est très semblable, mis à part qu’elle est plus grande que la guitare, qu’elle comporte six (ou sept) chœurs accordés comme le luth (ou la viole ). On en donne des accords différents, ce qui implique d’ailleurs des instruments de tailles variables, de l’aigu au grave. Mais ces accords étaient surtout justifiés par les besoins de la transposition pour accompagner les chanteurs. Durant tout le XVIe siècle la vihuela a dominé la musique espagnole, laissant le luth dans l’ombre. Était-ce une façon de mettre en valeur un instrument "occidental" par rapport au luth dont l’origine arabe avait pour la péninsule ibérique un souvenir encore trop vif ? De nombreux virtuoses (MUDARRA, NARVAEZ...) se sont distingués en Espagne et au Portugal durant la Renaissance ; leur répertoire était très varié, couvrant toutes les catégories de la musique instrumentale, mais aussi l’accompagnement du chant.

Le Cistre


Il est le plus courant des instruments à cordes pincées métalliques. De petites dimensions, sa caisse plate, en forme de feuille supporte quatre chœurs de cordes métalliques, le plus souvent du laiton. Mais au dire des théoriciens il y eut aussi des cistres montés de 5 ou 6 chœurs, parfois même avec trois cordes par chœur. Si on le trouve un peu partout, c’est surtout en Italie et en Angleterre qu’il fut prisé. PRAETORIUS rappelle même avoir entendu un anglais en jouer : "sehr lieblich und schtine armony mit feinen reinen diminutionibus und zitternder hand". Vu son répertoire est assez proche de celui de la guitare. Son timbre dû aux cordes métalliques, en fait aussi un instrument propice à un jeu rythmique, ce que les anglais n’ont pas manqué de constater lorsqu’ils l’associent au Brocken Consort avec une fonction justement très "rythmique" dans cet ensemble. Il a certainement été utilisé comme instrument de basse continue au début du XVIIe siècle. Il prend alors des dimensions plus importantes ; tel est le "gross sechs Chdrige Cither" évoqué par PRAETORIUS. Celui-ci parle aussi d’un très grand instrument à douze chœurs "welche eM herrlichen starken Resonanz von sich gibt, gleich als wenn ein Clavycimbel gehtirt wurde". Il cite un musicien de Prague chez qui on peu entendre cet instrument ; Dominicus. Faut-il croire que le cistre était aussi utilisé à l’église ? PRAETORIUS en montre un qu’il intitule " Sechs Chdrige Chor Zitter" .

Alto Violoncelle


L’esprit de la Renaissance fit évidemment que les luthiers construisirent également toute une famille de violons. Le violon étant le "soprano", il fallait construire les autres membres plus graves. Dans ce domaine plusieurs tentatives furent réalisées avant d’arriver à la répartition actuelle. Il y eut des instruments de tailles différentes, plus grands ou plus petits que les altos et violoncelles classiques. Il fallait d’ailleurs choisir le moment où, pour des raisons évidentes de commodité de jeu il était plus aisé de tenir l’instrument à l’épaule ("da braccio" ) ou entre les jambes ("da gamba"). Il y eut sans doute des instruments de registre de ténor accordés à l’octave inférieure du violon dont l’usage fut très passager, étant donné l’étendue des tessitures du violon et du violoncelle. Quoi qu’il en soit la mention "da braccio" reste le "nom de famille" ; ainsi la basse est toujours nommée "basso da viola da braccio" ! Le luthier Andrea AMATI aurait construit tout un ensemble de 38 instruments (violons, altos, basses de violon) pour la bande des violons de Charles IX de France dans les années 1560- 1570. Cet orchestre est à vrai dire le premier orchestre de violons de l’histoire de la musique. Son répertoire était le Ballet de Cour dont la tradition a été transmise à PRAETORIUS par un violoniste français, Francisque CAROUBEL. Cette relation est à l’origine de la publication du Terpsichore Musarum de PRAETORIUS (1612).

La Guitare


La guitare est un instrument d’invention occidentale. Au Moyen Age, elle était d’ailleurs souvent mentionnée "guitare latine", pour ne pas la confondre avec un instrument très différent appelé "guitare moresque". Sa caisse est plate et en forme de "8". Son manche, dans le prolongement de la table d’harmonie se termine par un cheviller plat. Elle est montée de quatre chœurs de cordes de boyau accordés à distance de quarte - tierce -quarte. Son accord connaîtra certaines variantes. Elle est encore assez petite. En Espagne et en Italie, les pièces de guitare apparaissent toujours comme des compléments ajoutés aux recueils de vihuela ou de luth. Par contre elle jouit en France d’un très grand succès et de nombreux recueils lui sont entièrement dédiés. Ce succès est d’ailleurs confirmé par le traité d’Adrien LE-ROY : Briefve et facile instruction pour apprendre la guiterne (1551).


A côté de son répertoire spécifique, elle peut aussi servir à accompagner le chant.


Son ambitus restreint lui confère un caractère très particulier. PRAETORIUS, qui évoque évidemment une connaissance plus tardive, dit qu’elle peut aussi avoir cinq chœurs. Ce sera évidemment là son état "baroque". Avec un certain mépris il dit aussi qu’elle est, en Italie, l’instrument des "Ziarlatini und Salt’in banco". Il est vrai que ses dimensions et sa caisse plate la rendent plus facile à jouer que le luth. Mais est-ce suffisant pour la juger avec autant de sévérité ?


La guitare a certainement cette caractéristique de jeu (qui provient au départ de son accord) qu’elle peut être jouée avec des " batteries composées de deux battements dont le premier monte et l’autre descend... Quand on veut doubler ou tripler cette batterie on bat 4 ou 8 coups toutes les cordes d’un, de deux, de trois ou de quatre doigts..." (MERSENNE). C’est ce que l’on nomme en Espagne le "Rasgueado" qui consiste à jouer des accords sur toutes les cordes de l’instrument alors que le jeu "punteado", où l’on pince séparément toutes les notes convient à la musique de caractère polyphonique.

SOUS-RUBRIQUES

Il est vrai que cette appellation de "bastarda" laisse planer un certain doute sur cet instrument. Serait-il quelque parent dégénéré de la viole de gambe ? Il faut écarter cette idée. Pour PRAETORIUS cette viola bastarda est une basse de viole à six cordes de petites dimensions, en quoi elle se rapproche de la "Lyra Viol" anglaise.

De plus son accord pouvait varier suivant les compositions. En effet, elle était utilisée pour le jeu "alla bastarda" qui consistait à confier à un seul instrument (ou chanteur) un jeu de diminutions sur les différentes voix d’une pièce polyphonique. De ce fait, l’ambitus était très étendu. Avec ses accords modifiés la viole (bastarda) était l’un des instruments les mieux adaptés à cette pratique. C’est à Venise avec la publication de Girolamo Dalla Casa (1584) 11 vero modo di diminuir que ce nouveau rôle de la viole de gambe se précise.